Diagnostic gaz : quand il est obligatoire et comment lire A1, A2, DGI
Le diagnostic gaz est le seul au cours duquel l'intervenant peut couper votre alimentation. Voici quand il s'impose et comment lire son rapport.

À retenir
- Obligatoire dès que l’installation de gaz a plus de 15 ans, en vente comme en location.
- Valable 3 ans pour une vente, 6 ans pour une location.
- Trois niveaux d’anomalie : A1, A2 et DGI. Seul le DGI entraîne une coupure immédiate.
- Un certificat de conformité de moins de 3 ans délivré par un organisme agréé dispense du diagnostic pour une vente.
Sommaire
C’est le seul diagnostic au cours duquel l’intervenant peut couper votre alimentation sur-le-champ. Cette particularité inquiète, alors qu’elle protège : une fuite ou un conduit obstrué tuent chaque hiver en France. Voici ce que le contrôle vérifie, ce que signifient les codes du rapport, et ce qu’il faut faire après.
Dans quels cas ce diagnostic est-il exigé ?
Dès que l’installation intérieure de gaz a plus de 15 ans, pour toute vente et toute mise en location d’un logement.
La question n’est pas de savoir si vous vous chauffez au gaz. Elle est de savoir s’il existe une installation intérieure de gaz dans le logement : une simple gazinière raccordée en fixe suffit à déclencher l’obligation, même si le chauffage est électrique.
Comme pour l’électricité, l’obligation locative s’est appliquée au 1er juillet 2017 pour les logements collectifs dont le permis est antérieur au 1er janvier 1975, puis au 1er janvier 2018 pour les autres.
| Vente | Location | |
|---|---|---|
| Obligatoire si | installation de plus de 15 ans | installation de plus de 15 ans |
| Durée de validité | 3 ans | 6 ans |
| Document équivalent accepté | certificat de conformité de moins de 3 ans | attestation de conformité de moins de 6 ans |
| Qui le paie | le vendeur | le bailleur |
Ce qui est contrôlé sur place
Trois domaines : la tuyauterie fixe, le raccordement des appareils, et la ventilation des locaux avec l’évacuation des produits de combustion.
Le contrôle suit la norme NF P45-500 dans sa version du 15 juillet 2022, applicable depuis le 1er janvier 2023, reconnue par l’arrêté du 25 juillet 2022. Il porte sur la partie privative, sans démontage.
- La tuyauterie fixe : matériaux, assemblages, étanchéité, état général, organes de coupure, et surtout les tuyaux souples ou flexibles dont la date de péremption est dépassée — le défaut le plus fréquent, et le plus simple à corriger.
- Le raccordement des appareils : chaudière, chauffe-eau, cuisinière ; robinets de commande ; qualité de la combustion, avec une mesure du monoxyde de carbone dans les produits de combustion.
- La ventilation et l’évacuation : amenées d’air non obstruées, grilles non bouchées, conduits en état. C’est ce point qui tue : une VMC condamnée ou une grille calfeutrée pour ne pas avoir froid transforme une chaudière saine en danger.
A1, A2, DGI : comment lire le rapport
A1 se corrige à la prochaine intervention, A2 appelle une réparation rapide sans coupure, DGI entraîne l’arrêt immédiat de l’alimentation.
| Code | Ce que dit la grille officielle | Ce que vous devez faire |
|---|---|---|
| A1 | anomalie à prendre en compte lors d’une intervention ultérieure | la signaler à votre chauffagiste lors du prochain entretien |
| A2 | anomalie dont la gravité ne justifie pas d’interrompre aussitôt la fourniture de gaz | faire intervenir un professionnel du gaz dans un délai raisonnable |
| DGI | anomalie suffisamment grave pour interrompre aussitôt l’alimentation | faire réparer avant toute remise en service |
Deux mentions complètent ces codes : Obs, simple observation qui n’est pas une anomalie, et CNV pour un certificat non visé, qui relève d’une régularisation documentaire.
Ni A1 ni A2 n’empêchent de vendre ou de louer. Ce sont des informations, pas des interdictions.
Que se passe-t-il en cas de danger grave et immédiat ?
Le diagnostiqueur interrompt l’alimentation, pose une étiquette de condamnation, vous explique le risque et prévient le distributeur de gaz.
La procédure est la même partout :
- l’alimentation est interrompue immédiatement, totalement ou seulement sur l’appareil en cause selon la nature de l’anomalie ;
- une étiquette de condamnation est apposée sur l’organe ou l’appareil concerné ;
- le diagnostiqueur localise l’anomalie, l’explique au propriétaire et à l’occupant, et précise ce qui est risqué en cas d’usage ;
- il contacte le distributeur — GRDF le plus souvent — et lui transmet le rapport accompagné d’une fiche informative ;
- la remise en service suppose l’intervention d’un professionnel du gaz et la délivrance d’une attestation de levée de danger.
Un DGI n’interdit pas de vendre. Il impose de régler le problème avant que quiconque réutilise l’appareil. En location, le bailleur doit obligatoirement faire corriger : un logement dont le gaz a été condamné n’est pas habitable en l’état.
Combien de temps, et à quel prix ?
Trente minutes à une heure sur place selon la taille du logement et le nombre d’appareils. Les tarifs sont libres.
Les fourchettes relevées sur le marché se situent autour de 100 à 140 € pour un diagnostic gaz seul. Ces chiffres viennent de comparateurs commerciaux : il n’existe aucun barème public, et rien n’est réglementé.
Le gaz est rarement demandé seul. Dans un dossier de vente, il accompagne le DPE, l’électricité, l’état des risques et le mesurage. Regrouper ces actes en une seule visite est ce qui fait réellement baisser la facture — nous détaillons ce mécanisme dans notre comparatif des prix en Île-de-France.
Questions fréquentes
Le diagnostiqueur peut-il vraiment me couper le gaz ?
Oui, en cas de danger grave et immédiat. Il interrompt l’alimentation sur place, pose une étiquette de condamnation et prévient GRDF. Ce n’est pas une décision commerciale mais une obligation professionnelle : laisser en service une installation dangereuse engagerait sa responsabilité. La remise en service passe par un professionnel du gaz et une attestation de levée de danger.
Mon chauffage est électrique, j’ai seulement une gazinière. Suis-je concerné ?
Oui, si l’installation intérieure de gaz existe et a plus de 15 ans. Le contrôle portera sur la tuyauterie fixe, les organes de coupure, le raccordement de l’appareil et la ventilation du local. La nature du chauffage ne change rien à l’obligation.
Une anomalie A2 m’empêche-t-elle de signer ?
Non. Ni A1 ni A2 ne bloquent une vente ou une location. A1 se corrige sans urgence, A2 demande l’intervention d’un professionnel du gaz dans un délai raisonnable, mais l’alimentation n’est pas coupée. Seul le DGI entraîne une interruption immédiate, et même dans ce cas la vente reste possible.
J’ai fait entretenir ma chaudière le mois dernier, cela suffit-il ?
Non. L’entretien annuel de la chaudière et le diagnostic de l’installation de gaz sont deux choses différentes : l’un porte sur un appareil, l’autre sur l’ensemble tuyauterie, raccordements et ventilation. Le certificat d’entretien ne remplace pas le diagnostic. En revanche, un certificat de conformité délivré par un organisme agréé, lui, le remplace.
Faut-il que je sois présent pendant le contrôle ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est conseillé. Le diagnostiqueur a besoin d’accéder à tous les appareils, aux robinets de coupure et aux grilles de ventilation, y compris dans les placards. Et si une anomalie grave apparaît, mieux vaut que quelqu’un puisse décider sur place de la suite.
Sources
- Service-public.fr — Diagnostic gaz — consulté le 24/09/2026
- Service-public.fr — Diagnostics à fournir au locataire — consulté le 24/09/2026
- GRDF — Évolution du diagnostic des installations de gaz — consulté le 24/09/2026
- Institut national de la consommation — Diagnostics gaz et électricité en location — consulté le 24/09/2026
- Arrêté du 6 avril 2007 modifié définissant le modèle et la méthode de réalisation de l’état de l’installation intérieure de gaz — norme NF P45-500, version du 15 juillet 2022, reconnue par l’arrêté du 25 juillet 2022
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