DPE et énergie

Audit énergétique : ce que le coefficient 1,7 change en 2027

Au 1er janvier 2027, le facteur de conversion de l’électricité passe de 1,9 à 1,7. Les seuils des étiquettes ne bougent pas, mais les scénarios de travaux d’un audit, si.

L’équipe Diag ExpertiseDiagnostiqueurs certifiés · Certif Novation (Cofrac)Publié le 9 octobre 2026 · 7 min de lecture

L’essentiel

  • Au 1er janvier 2027, le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 1,9 à 1,7 (arrêté du 19 août 2026).
  • Les seuils des étiquettes ne changent pas. Ce qui change, c’est le calcul : un logement électrique peut gagner une classe sans aucun travaux.
  • Les énergies fossiles restent à un facteur de 1 : un logement au fioul ou au gaz ne bouge pas.
  • L’article 4 de l’arrêté vise expressément les audits énergétiques : une attestation de l’ADEME remplacera le classement avant travaux et celui de chaque scénario.
  • Un audit remis fin 2026 projette des états qui seront lus en 2027. C’est le vrai piège de calendrier.
Sommaire
  1. Que dit exactement l’arrêté du 19 août 2026 ?
  2. Ce qui ne change pas — et qu’on vous dira peut-être
  3. Quels logements en profitent, lesquels non ?
  4. Pourquoi l’audit est directement concerné
  5. Le piège du calendrier : un audit remis fin 2026
  6. L’attestation de l’ADEME, en pratique
  7. Et la mention A0 ?
  8. Faut-il refaire son audit ?
  9. Questions fréquentes

On lit partout que « la réglementation 2027 change les critères de travaux ». C’est faux, et il vaut mieux le savoir avant de signer quoi que ce soit : aucun seuil ne bouge, aucune obligation de rénovation n’est créée ou supprimée. Ce qui change, c’est la manière dont la consommation est convertie en énergie primaire — et cela suffit à déplacer des étiquettes, donc des scénarios de travaux.

Que dit exactement l’arrêté du 19 août 2026 ?

Il ramène le facteur de conversion de l’électricité de 1,9 à 1,7 à l’annexe 3 de l’arrêté du 31 mars 2021, avec effet au 1er janvier 2027. Publié au Journal officiel du 26 août 2026, il abroge l’arrêté du 13 août 2025 qui avait fait passer ce facteur de 2,3 à 1,9.

PériodeFacteur électricitéTexte
Jusqu’au 31 décembre 20252,3Arrêté du 31 mars 2021
Du 1er janvier 2026 au 31 décembre 20261,9Arrêté du 13 août 2025
À partir du 1er janvier 20271,7Arrêté du 19 août 2026

Concrètement : un logement tout électrique qui consomme 100 kWh d’énergie finale au mètre carré était compté 230 kWh d’énergie primaire jusqu’en 2025, 190 depuis janvier 2026, et sera compté 170 à partir de 2027. Le logement n’a pas changé. Le thermomètre, si.

Ce qui ne change pas — et qu’on vous dira peut-être

Ni les seuils des étiquettes A à G, ni les obligations de rénovation, ni les seuils de décence énergétique, ni le gel des loyers des logements F et G. Le calendrier d’interdiction de location reste identique : G depuis 2025, F au 1er janvier 2028, E au 1er janvier 2034.

L’obligation d’audit énergétique à la vente ne change pas non plus : elle vise toujours les maisons individuelles et les immeubles entiers appartenant à un seul propriétaire, classés E, F ou G. Ce qui peut changer, c’est la lettre du bien — donc le fait d’entrer ou de sortir du périmètre.

Quels logements en profitent, lesquels non ?

Seuls ceux dont le chauffage, l’eau chaude ou la climatisation fonctionnent à l’électricité. Le facteur des énergies fossiles reste à 1 : un pavillon au fioul ou une maison au gaz ne gagneront pas une lettre le 1er janvier.

  • Convecteurs électriques, panneaux rayonnants, plancher chauffant électrique : effet maximal.
  • Pompe à chaleur : effet réel, mais plus modeste, la consommation finale étant déjà faible.
  • Chauffage au gaz ou au fioul, chauffe-eau thermodynamique sur appoint fossile : aucun effet du changement de facteur.
  • Logement mixte : l’effet porte sur la part électrique seulement.

Dans le parc francilien ancien, cela vise surtout les appartements et petites maisons passés à l’électrique dans les années 1970-1990, sans isolation reprise depuis. Le reclassement les sortira parfois de la lettre G, rarement de la contrainte réelle : le bâti, lui, n’a pas changé.

Pourquoi l’audit est directement concerné

Parce que l’article 4 de l’arrêté du 19 août 2026 le vise expressément. À partir du 1er janvier 2027, une attestation délivrée par l’ADEME remplacera, dans un audit en cours de validité, le classement du bien avant travaux et le classement projeté de chaque proposition de travaux.

C’est plus profond qu’un simple recalcul d’étiquette. Un audit ne dit pas seulement « votre logement est en F » : il dit « après cette première étape, vous serez en D, après la seconde, en B ». Ces trois lettres sont recalculées. Un scénario qui visait tout juste la classe B peut l’atteindre plus confortablement ; un scénario calibré pour franchir deux classes d’un coup peut se retrouver à en franchir trois.

Élément de l’auditRecalculé au 1er janvier 2027 ?
Classement du bien avant travauxOui
Classement projeté de chaque scénarioOui
Nature des travaux proposésNon
Coûts et économies estimésNon
Validité de 5 ans de l’auditNon

Le piège du calendrier : un audit remis fin 2026

Un audit établi en novembre ou décembre 2026 raisonne avec un facteur de 1,9. Remis à un acquéreur qui le lira en janvier, il décrira des classes avant et après travaux qui ne seront déjà plus celles affichées par l’attestation ADEME.

Rien n’est irrégulier : l’audit reste valable cinq ans et le document d’origine fait foi jusqu’à ce que l’attestation soit demandée. Mais en pratique, une négociation se mène mal avec deux jeux de lettres sur la table. Si votre vente se joue à cheval sur le 31 décembre, deux options tiennent la route :

  • Faire l’audit maintenant, le remettre, et demander l’attestation en janvier si l’acquéreur le souhaite. L’audit n’a pas à être refait.
  • Attendre janvier si le bien est tout électrique et que la lettre est à la limite d’une classe : l’audit partira d’emblée du bon calcul.

Ce qu’il ne faut pas faire : anticiper la nouvelle lettre dans une annonce avant le 1er janvier. Jusqu’à cette date, seule l’étiquette calculée avec le facteur en vigueur fait foi, et le DPE est opposable depuis juillet 2021.

L’attestation de l’ADEME, en pratique

Elle se demande sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans nouvelle visite ni nouveau diagnostic. Elle est facultative : sans elle, le document d’origine reste valable jusqu’à sa date de fin de validité.

Deux limites à connaître. L’attestation expire à la date de fin de validité du diagnostic ou de l’audit dont elle est issue : elle ne prolonge rien. Et elle ne corrige que le calcul — une surface mal relevée, un équipement mal renseigné ou des travaux non déclarés resteront des erreurs. Dans ce cas, c’est un nouveau diagnostic avec visite qu’il faut, pas une attestation.

Et la mention A0 ?

C’est l’autre nouveauté du 1er janvier 2027, issue de l’arrêté du 11 juin 2026. Elle s’ajoute à l’étiquette et suppose trois conditions réunies : une étiquette A ou B, des énergies exclusivement renouvelables, électriques ou issues d’un réseau de chaleur efficace, et aucun équipement de chauffage ou d’eau chaude susceptible de fonctionner à une énergie fossile.

Le même arrêté ajoute six informations au DPE — production renouvelable sur site, durée de vie restante des équipements de chauffage et de climatisation, flexibilité énergétique — et remplace le mot « ventilation » par « renouvellement d’air ».

Pour un audit, la mention A0 n’a d’intérêt que sur les scénarios les plus ambitieux : un chemin de travaux qui remplace une chaudière par une pompe à chaleur et atteint la classe B peut désormais y prétendre. C’est un argument de revente, pas une obligation.

Faut-il refaire son audit ?

Non. Un audit en cours de validité le reste, et l’attestation suffit à mettre les classements à jour. Il se refait pour les raisons habituelles : plus de cinq ans, ou des travaux qui ont changé le bien.

Un cas mérite réflexion : le bien tout électrique classé E, à la limite du D. S’il passe en D au 1er janvier, il sort du champ de l’obligation d’audit à la vente. Encore faut-il que le DPE de référence soit à jour et opposable — l’attestation s’en charge, sans visite.

Questions fréquentes

Un logement peut-il perdre une classe au 1er janvier 2027 ?

Non. Le facteur de l’électricité baisse et celui des énergies fossiles reste à 1 : aucune étiquette ne se dégrade du fait de ce changement.

Mon audit de 2024 sera-t-il recalculé automatiquement ?

Non, la démarche est volontaire. L’attestation se demande sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Sans elle, l’audit d’origine reste valable jusqu’à son échéance de cinq ans.

Les travaux proposés dans mon audit changent-ils ?

Non. Seuls les classements, avant et après travaux, sont recalculés. La nature des travaux, leur coût et les économies estimées restent ceux du rapport.

Puis-je annoncer la future lettre dans mon annonce dès décembre ?

Non. Jusqu’au 31 décembre 2026, seule l’étiquette calculée avec le facteur en vigueur fait foi. Le DPE est opposable : annoncer une classe que le document ne porte pas vous expose.

Mon immeuble au gaz est-il concerné ?

Pas par le changement de facteur, qui ne touche que l’électricité. Il l’est en revanche par les six nouvelles informations du DPE et par la mention A0, qui lui restera inaccessible tant qu’un équipement fossile sera en place.

Sources

  • Arrêté du 19 août 2026 modifiant l’arrêté du 31 mars 2021, publié au Journal officiel du 26 août 2026 : facteur de conversion de l’électricité ramené à 1,7 au 1er janvier 2027, et application aux audits énergétiques réglementaires.
  • Arrêté du 11 juin 2026, publié au Journal officiel du 13 août 2026 : mention A0, six nouvelles informations du DPE, remplacement de l’annexe 10.
  • Arrêté du 13 août 2025, abrogé : facteur porté de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026.
  • Articles L. 126-28-1, L. 173-1-1 et L. 173-2 du code de la construction et de l’habitation.
  • Décret n° 2022-780 du 4 mai 2022 relatif à l’audit énergétique réglementaire.

L’équipe Diag Expertise

Diagnostiqueurs immobiliers certifiés par Certif Novation (accréditation Cofrac n° 4-0653), nous intervenons à Paris et dans toute l’Île-de-France pour les particuliers et les professionnels. Nos articles sont mis à jour à chaque évolution de la réglementation.

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